Votre fauteuil Voltaire a perdu de sa superbe ? L’assise de votre bergère s’affaisse ? Avant de vous en séparer, sachez qu’une réfection complète peut lui redonner une seconde vie pour une fraction du prix d’un meuble neuf. Que vous fassiez appel à un tapissier professionnel ou que vous vous lanciez dans un projet DIY, ce guide détaille tout ce qu’il faut savoir pour retapisser un fauteuil : budget à prévoir, étapes techniques et sélection du tissu idéal.
Combien coûte la réfection d’un fauteuil par un tapissier ?
Le prix pour retapisser un fauteuil varie considérablement selon le type de siège, l’état de la garniture intérieure et le tissu choisi. Voici les fourchettes tarifaires pratiquées par les artisans tapissiers en France en 2025.
Tarifs moyens selon le type de fauteuil
Le coût d’une réfection complète — dégarnissage, garnissage traditionnel et pose du tissu — se situe généralement entre 400 € et 1 500 € pour un fauteuil standard. Plusieurs facteurs font varier cette estimation.
Pour une chaise de style (Louis XV, Louis XVI), comptez entre 350 € et 700 € pour une réfection de l’assise seule. Un fauteuil bridge, plus compact, se situe dans une fourchette de 400 € à 800 €. Le fauteuil Voltaire, avec son grand dossier incliné et ses accotoirs, nécessite davantage de travail et de tissu : prévoyez entre 600 € et 1 200 €. Enfin, un fauteuil bergère ou un fauteuil crapaud entièrement regagni se chiffre entre 800 € et 1 500 €, voire plus si vous optez pour un garnissage traditionnel en crin animal.
Ce qui fait varier le budget
Plusieurs éléments influencent directement la facture finale. Le garnissage représente une part importante : un rembourrage en mousse haute résilience coûte nettement moins cher qu’un garnissage traditionnel à base de crin végétal et animal, de ressorts guindés et de toile de jute. La technique traditionnelle, plus noble et durable, peut doubler le tarif de la main-d’œuvre.
Le tissu d’ameublement constitue l’autre poste de dépense majeur. Un coton imprimé d’entrée de gamme débute autour de 20 €/m, tandis qu’un velours de créateur ou un lin de maison d’édition peut atteindre 150 € à 300 €/m. Pour un fauteuil Voltaire, il faut généralement entre 2,5 et 4 mètres de tissu selon la largeur du rouleau et la complexité du raccord de motif.
Enfin, l’état de la structure joue un rôle déterminant. Si le bois présente des assemblages lâches, des tenons cassés ou un vernis dégradé, l’ébénisterie préalable ajoute entre 100 € et 400 € au devis.
Retapisser un fauteuil soi-même : quel budget ?
Pour les bricoleurs motivés, le coût se limite aux fournitures. Un kit de réfection complet (sangles, toile de jute, crin, ouate, semences, tissu de finition) se trouve entre 80 € et 250 € selon la qualité des matériaux. En ajoutant le tissu d’ameublement, le budget total pour retapisser un fauteuil soi-même oscille entre 150 € et 500 € — soit une économie substantielle par rapport au tarif d’un professionnel.
Les étapes pour retapisser un fauteuil
Que vous confiiez votre siège à un artisan ou que vous retroussiez vos manches, le processus de réfection suit un enchaînement précis. Chaque étape conditionne la qualité du résultat final.
1. Évaluer l’état du fauteuil
Avant toute intervention, examinez minutieusement la structure. Vérifiez la solidité des assemblages en bois : les tenons et mortaises ne doivent pas bouger. Testez les sangles en appuyant fermement sur l’assise. Inspectez les ressorts s’il y en a. Cette évaluation détermine l’ampleur des travaux à prévoir et vous évite de mauvaises surprises en cours de route.
Prenez également des photos sous tous les angles avant de commencer le dégarnissage. Elles serviront de référence indispensable au moment de remonter les différentes couches et de positionner le nouveau tissu.
2. Le dégarnissage
C’est l’étape la plus longue du processus. Munissez-vous d’un ciseau à dégarnir (ou d’un arrache-agrafes), d’une tenaille et d’un maillet. Retirez méthodiquement chaque couche dans l’ordre inverse du montage : galon ou clous de finition, tissu de couverture, ouate, toile blanche (la “mise en blanc”), crin, toile d’embourrure, ressorts et sangles.
Procédez avec soin pour ne pas endommager le bois. Chaque semence, agrafe ou clou doit être retiré proprement. Numérotez les pièces de tissu démontées si vous comptez les utiliser comme patron pour la découpe du nouveau revêtement.

3. Réparer la structure en bois
Une fois le fauteuil mis à nu, c’est le moment idéal pour restaurer la carcasse. Recollez les assemblages avec de la colle à bois, comblez les trous de clous ou de mites avec de la pâte à bois, poncez et appliquez une nouvelle finition si nécessaire (teinte, vernis, cire ou peinture).
Pour les fauteuils de style (Louis XV, Louis XVI, Voltaire), la qualité de la dorure ou de la patine contribue directement à la valeur esthétique du résultat. N’hésitez pas à confier cette étape à un ébéniste si vous manquez d’expérience.
4. Le sanglage et la pose des ressorts
Fixez de nouvelles sangles en jute entrelacées sur le châssis de l’assise à l’aide de semences n°3 et d’un tire-sangles. La tension doit être ferme sans déformer le bois. Pour un fauteuil à ressorts, posez-les sur le sanglage puis réalisez le guindage : chaque ressort est ligaturé avec de la ficelle de lin selon un schéma précis qui détermine la forme et le confort de l’assise.
Si vous optez pour une méthode moderne, vous pouvez remplacer les ressorts par une plaque de mousse haute résilience (densité 35 kg/m³ minimum pour une assise) découpée aux dimensions exactes du châssis.
5. Le garnissage
Posez la toile d’embourrure (toile de Bisonne) par-dessus les ressorts guindés, puis répartissez le crin végétal ou animal en couche régulière. Piquez des points de fond pour maintenir le crin en place et donner la forme souhaitée à l’assise et au dossier. Cette étape demande un réel savoir-faire : la densité et la répartition du crin déterminent le confort et la longévité du siège.
Ajoutez ensuite une couche de crin fin ou de ouate de coton pour lisser la surface et éviter que les irrégularités du garnissage ne se voient à travers le tissu de couverture.
6. La mise en blanc
Avant de poser le tissu définitif, tendez une toile blanche (calicot) sur l’ensemble du garnissage. Cette étape intermédiaire, appelée “mise en blanc”, permet de vérifier la régularité des formes, d’ajuster les volumes et de s’assurer que la tension est homogène. C’est en quelque sorte la “répétition générale” avant la finition.
7. La pose du tissu de couverture
C’est l’étape la plus gratifiante. Découpez le tissu en respectant le droit-fil (sens du tissage) et en prévoyant une marge de 5 à 8 cm de chaque côté. Positionnez le tissu en centrant soigneusement le motif s’il y en a un, puis fixez-le temporairement avec quelques semences.
Travaillez toujours en partant du centre vers les bords, en tendant le tissu de manière uniforme. Réalisez des plis réguliers dans les angles et les courbes. Pour un fauteuil de style, le tissu est traditionnellement fixé avec des semences ; pour un siège plus contemporain, une agrafeuse pneumatique fait parfaitement l’affaire.

8. Les finitions
Posez un jaconas (tissu fin noir) sous l’assise pour cacher l’envers du travail et protéger le garnissage de la poussière. Ensuite, appliquez le galon, le passepoil ou les clous tapissiers pour masquer les semences ou agrafes apparentes et apporter la touche finale décorative.
Pour les clous, utilisez un poseur de clous (également appelé chasse-clous) qui garantit un alignement parfait et un espacement régulier. Les clous dorés conviennent aux fauteuils de style classique, tandis que les clous nickelés ou vieillis s’accordent mieux avec une esthétique plus contemporaine.
Comment choisir le bon tissu pour retapisser un fauteuil ?
Le choix du tissu d’ameublement est sans doute la décision la plus importante de tout le projet. Il détermine à la fois l’esthétique, le confort et la durabilité de votre fauteuil rénové.
Les critères techniques essentiels
Tous les tissus ne conviennent pas à la tapisserie de siège. Le premier critère à vérifier est le test Martindale, qui mesure la résistance à l’abrasion. Pour un fauteuil d’usage courant, visez un minimum de 15 000 tours Martindale. Pour un siège très sollicité (salon familial, par exemple), préférez un tissu affichant 25 000 à 40 000 tours.
L’épaisseur et la tenue du tissu comptent également. Un tissu trop fin se déformera rapidement ; un tissu trop épais sera difficile à travailler dans les angles et les plis. Les tissus d’ameublement professionnels sont généralement doublés ou entoilés pour offrir la bonne tenue.
Vérifiez aussi la résistance à la lumière (indice de solidité lumière de 5 minimum sur une échelle de 8) si le fauteuil est placé près d’une fenêtre.
Les matières à privilégier
Le velours (coton, polyester ou mélange) reste un grand classique pour les fauteuils de style. Notre comparatif velours, lin et coton détaille les avantages et inconvénients de chaque matière. Doux au toucher, résistant et disponible dans une palette infinie de coloris, il sublime particulièrement les fauteuils Voltaire, bergère et crapaud. Attention toutefois aux velours fragiles à poils longs qui marquent facilement.
Le lin apporte une élégance naturelle et une texture vivante aux sièges. Son aspect légèrement froissé convient parfaitement aux intérieurs contemporains ou campagne chic. En revanche, le lin pur tache facilement : privilégiez un mélange lin-coton ou un lin traité anti-taches.
Le coton épais (toile, sergé, jacquard) offre un excellent rapport qualité-prix et une grande facilité d’entretien. Les jacquards à motifs géométriques ou floraux permettent de moderniser un fauteuil ancien sans trahir son caractère.
Les tissus techniques à base de polyester ou de fibres recyclées gagnent en popularité. Résistants, faciles à nettoyer et souvent certifiés Oeko-Tex, ils constituent un choix pragmatique pour les foyers avec enfants ou animaux.

Quelle quantité de tissu prévoir ?
Le métrage nécessaire dépend du type de fauteuil et de la laize (largeur) du tissu. Voici des estimations pour un tissu en 140 cm de large :
- Chaise de style : 0,80 à 1,20 m
- Fauteuil bridge : 1,20 à 1,80 m
- Fauteuil Voltaire : 2,50 à 3,50 m
- Fauteuil bergère : 3,00 à 4,00 m
- Fauteuil crapaud : 2,00 à 3,00 m
- Fauteuil club : 5,00 à 7,00 m (cuir ou tissu)
Pour affiner ces estimations, notre guide du calcul de métrage propose une méthode pas à pas et des tableaux de référence. Si le tissu présente un motif à raccord, majorez ces quantités de 15 à 30 % pour pouvoir centrer et aligner le dessin correctement sur l’assise, le dossier et les accotoirs.
Où acheter son tissu d’ameublement ?
Les fournisseurs spécialisés en tapisserie (Artapisserie, Le Boudoir des Étoffes, Etoffe.com) proposent un vaste choix de tissus adaptés à la réfection de sièges, avec les fiches techniques détaillées. Les grandes enseignes de bricolage (Leroy Merlin, Castorama) offrent des gammes plus restreintes mais souvent à prix compétitifs. Enfin, les maisons d’édition textiles (Casamance, Designers Guild, Pierre Frey) représentent le haut de gamme avec des tissus d’exception, distribués par les tapissiers professionnels.
Pour un premier projet DIY, les magasins de tissu au mètre et les sites de destockage permettent de trouver des coupons de bonne qualité à prix réduit. Notre guide du tissu d’ameublement pas cher recense les meilleures adresses en ligne et à Paris.
Faire soi-même ou faire appel à un tapissier : comment choisir ?
La décision dépend de trois facteurs principaux : la valeur du fauteuil, votre niveau d’expérience et le résultat attendu.
Pour un fauteuil de famille, un siège de brocante ou un projet d’apprentissage, le DIY est tout à fait envisageable. De nombreux ateliers proposent des cours de tapisserie (Leroy Merlin, ateliers municipaux, artisans indépendants) où vous apprenez les gestes sous la guidance d’un professionnel tout en travaillant sur votre propre fauteuil. Comptez entre 200 € et 600 € pour un stage complet de plusieurs jours, fournitures incluses.
En revanche, pour un fauteuil ancien de valeur, un siège signé ou un résultat irréprochable, confiez le travail à un maître tapissier d’ameublement. Son expertise garantit le respect des techniques traditionnelles, une finition impeccable et la préservation de la valeur patrimoniale du meuble. Demandez systématiquement un devis détaillé précisant le type de garnissage, le métrage de tissu et les finitions prévues.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour retapisser un fauteuil ?
Un tapissier professionnel met généralement entre 3 et 5 jours ouvrés pour une réfection complète en technique traditionnelle. En DIY, comptez plutôt 2 à 4 semaines en y consacrant quelques heures par week-end, surtout si c’est votre premier projet.
Peut-on retapisser un fauteuil sans enlever l’ancien tissu ?
Techniquement, c’est possible pour un simple relookage esthétique en posant le nouveau tissu par-dessus l’ancien. Cependant, cette méthode est déconseillée car elle ne permet pas de vérifier ni de rénover le garnissage intérieur, ce qui compromet le confort et la durabilité du résultat.
Quel est le meilleur tissu pour un fauteuil avec des animaux ?
Les tissus à forte résistance Martindale (30 000 tours et plus) en microfibres ou polyester tissé serré résistent bien aux griffes et se nettoient facilement. Évitez les velours à poils longs, les lins fins et les satins qui accrochent les poils et marquent au moindre contact.
Faut-il traiter le tissu après la pose ?
L’application d’un traitement anti-taches (type Scotchgard ou équivalent écologique) est recommandée pour les tissus naturels comme le coton et le lin. Les tissus synthétiques de qualité sont souvent pré-traités en usine. Vérifiez les indications du fabricant avant toute application.
Retapisser un fauteuil est un geste à la fois économique, écologique et esthétique qui s’inscrit parfaitement dans une démarche de décoration durable. Qu’il s’agisse d’un Voltaire hérité de vos grands-parents ou d’une trouvaille de brocante, chaque siège mérite une seconde chance — et le résultat vaut largement l’investissement.