Dernière mise à jour : février 2026

Votre canapé en velours a perdu de sa superbe ? Vos rideaux en lin commencent à griser ? L’entretien des tissus d’ameublement ne s’improvise pas, car chaque matière possède ses propres exigences. Un geste inadapté — une eau trop chaude sur de la soie, un frottement vigoureux sur du velours — et c’est la catastrophe. Ce guide détaille les bonnes pratiques pour chaque type de tissu, afin de préserver la beauté et la longévité de vos textiles d’intérieur.

Comprendre les codes d’entretien avant toute chose

Avant de sortir l’éponge, prenez le réflexe de consulter l’étiquette de votre textile d’ameublement. Les fabricants utilisent un système de lettres normalisé qui vous évitera bien des erreurs :

Le code W signifie que le tissu supporte un nettoyage à l’eau. Vous pouvez utiliser un détergent doux dilué dans de l’eau tiède. Le code S indique un nettoyage à sec uniquement : il faudra recourir à des solvants spécifiques ou confier le textile à un professionnel. Le code WS offre la flexibilité des deux méthodes. Enfin, le code X signifie que seul l’aspirateur ou un brossage léger est autorisé — aucun produit, ni eau ni solvant.

Ignorez ces indications et vous risquez des auréoles irréversibles, un rétrécissement du tissu ou une décoloration définitive. C’est la première règle d’or de l’entretien textile.

Le coton : robuste mais sensible aux taches

Le coton est sans doute le tissu d’ameublement le plus répandu dans nos intérieurs. Apprécié pour sa douceur, sa respirabilité et son prix accessible, il équipe aussi bien les canapés que les rideaux et les coussins décoratifs. Sa fibre naturelle absorbe facilement les liquides, ce qui en fait un tissu vulnérable aux taches si l’on n’intervient pas rapidement.

Pour l’entretien courant, passez l’aspirateur une fois par semaine avec un embout brosse douce pour éliminer la poussière qui s’incruste dans les fibres. Cette habitude simple prévient le grisaillement progressif du tissu.

En cas de tache, agissez vite. Tamponnez immédiatement avec un chiffon propre et absorbant, sans frotter, pour éviter d’étaler la salissure. Préparez ensuite une solution d’eau tiède (jamais chaude, qui fixerait certaines taches) avec quelques gouttes de savon de Marseille. Appliquez à l’aide d’un chiffon humide bien essoré, en effectuant des mouvements circulaires du bord vers le centre de la tache.

Pour un nettoyage en profondeur semestriel, le bicarbonate de soude est votre meilleur allié. Saupoudrez généreusement la surface, laissez agir deux heures minimum, puis aspirez. Ce traitement naturel désodorise le tissu et ravive les couleurs sans agresser les fibres.

Ce qu’il faut éviter : l’eau de Javel sur du coton coloré (risque de décoloration) et le séchage en plein soleil prolongé qui jaunit les tissus blancs et décolore les teintes vives.

Le lin : l’élégance naturelle qui demande de la douceur

Le lin incarne une certaine noblesse dans la décoration intérieure. Son aspect légèrement froissé, sa texture unique et ses reflets changeants en font un choix prisé pour les housses de canapé, les rideaux et le linge de maison haut de gamme. Mais cette fibre végétale a un caractère bien trempé : elle se froisse facilement, rétrécit au lavage et peut se déformer si elle est mal entretenue.

L’entretien quotidien du lin se résume à un dépoussiérage régulier et à un brossage léger avec une brosse à poils souples. Aérez vos textiles en lin dès que possible : cette matière adore le grand air, qui lui redonne sa fraîcheur naturelle.

Pour le nettoyage, privilégiez toujours l’eau froide ou tiède (30 °C maximum). Le lin supporte le lavage en machine sur cycle délicat, mais attention au rétrécissement : prévoyez une marge de 3 à 5 % lors de l’achat de housses amovibles. Utilisez une lessive liquide douce, sans agents blanchissants. Le savon noir dilué fonctionne parfaitement pour les taches localisées.

Le repassage se fait idéalement sur tissu encore légèrement humide, à température moyenne, sur l’envers. Mais soyons honnêtes : le charme du lin réside aussi dans son aspect naturellement froissé. Un vaporisateur d’eau suffit souvent à détendre les plis les plus marqués sans recourir au fer.

Astuce d’expert : pour les taches de gras sur du lin, la terre de Sommières fait des miracles. Saupoudrez, laissez agir toute une nuit, puis brossez délicatement. Cette argile naturelle absorbe la graisse sans laisser de traces.

Le velours : la matière star qui exige des soins spécifiques

Le velours a fait un retour en force dans la décoration contemporaine. Pour comparer ses caractéristiques avec d’autres matières, consultez notre comparatif velours, lin et coton. Canapés, fauteuils, coussins, têtes de lit : cette matière luxueuse apporte une profondeur visuelle et une douceur incomparables à n’importe quelle pièce. Mais son entretien demande une attention particulière, car le velours est constitué de fibres dressées qui s’écrasent et se marquent facilement.

La règle fondamentale avec le velours : ne jamais frotter. Un frottement appuyé couche les fibres de manière irréversible et crée des zones mates disgracieuses. Pour l’entretien courant, brossez toujours dans le sens du poil avec une brosse en velours dédiée ou un chiffon en microfibre. L’aspirateur à puissance réduite, avec un embout capitonnage, reste l’outil idéal pour le dépoussiérage hebdomadaire.

En cas de tache sur du velours, la rapidité d’intervention est cruciale. Absorbez le liquide en tamponnant avec un tissu propre et sec. Ensuite, appliquez de la vapeur à distance (un fer à repasser en mode vapeur tenu à 10-15 cm du tissu, ou un défroisseur vapeur) : la chaleur humide redresse les fibres et aide à déloger les salissures. Essuyez délicatement dans le sens du poil.

Pour les taches tenaces sur du velours en coton ou polyester, une solution de vinaigre blanc dilué (un volume de vinaigre pour deux volumes d’eau) appliquée avec un chiffon doux donne d’excellents résultats. Laissez sécher naturellement, puis brossez pour redonner au tissu son aspect velouté.

Ce qu’il faut éviter : les produits détachants chimiques agressifs, le séchage au sèche-cheveux (qui aplatit les fibres) et les lingettes humides qui laissent des résidus.

La microfibre : le tissu facile d’entretien par excellence

La microfibre est devenue le choix privilégié des familles avec enfants ou animaux de compagnie, et pour cause. Ce tissu synthétique ultra-fin (les fibres sont jusqu’à cent fois plus fines qu’un cheveu humain) offre une résistance remarquable aux taches, à l’usure et à la décoloration. Son toucher doux imite à s’y méprendre des matières plus nobles, tout en étant infiniment plus pratique au quotidien.

L’entretien courant est simplissime : un passage d’aspirateur régulier et un coup de chiffon légèrement humide suffisent à maintenir la microfibre en parfait état. C’est la matière la plus indulgente de ce guide.

Pour le nettoyage des taches, vérifiez d’abord le code d’entretien (W, S ou WS). La plupart des microfibres supportent un nettoyage à l’eau. Préparez un mélange d’eau tiède et de liquide vaisselle doux, appliquez avec une éponge propre, puis rincez avec un chiffon humide. Pour les microfibres codées S, l’alcool à 90° appliqué sur un chiffon blanc fonctionne remarquablement : il sèche vite et ne laisse pas d’auréoles.

Un avantage considérable de la microfibre est qu’elle se nettoie intégralement sans risque. Vous pouvez sans crainte traiter l’ensemble de l’assise plutôt qu’un seul point, ce qui évite les différences de teinte entre zones lavées et non lavées.

Astuce d’expert : après le nettoyage, brossez la microfibre avec une brosse à poils souples pour éviter qu’elle ne durcisse en séchant. Ce geste simple lui redonne tout son moelleux.

La soie : un luxe qui se mérite

La soie dans l’ameublement — coussins décoratifs, rideaux, tapisseries — évoque un raffinement absolu. Mais cette fibre naturelle produite par le ver à soie est aussi l’une des plus délicates qui existent. Son entretien ne tolère aucune approximation.

La première règle est d’écarter toute intervention humide en cas de doute. La soie craint l’eau, qui provoque des auréoles quasi impossibles à éliminer. Pour l’entretien courant, un dépoussiérage très doux avec un chiffon sec en microfibre ou un plumeau suffit. L’aspirateur à puissance minimale peut être utilisé sur les rideaux, à condition de placer un tissu fin entre l’embout et la soie pour éviter tout accroc.

En cas de tache, la recommandation est claire : confiez le nettoyage à un pressing spécialisé en textiles d’ameublement. La soie est sensible à la chaleur, aux frottements, aux produits chimiques et à la lumière directe. Tenter un détachage maison revient à prendre un risque disproportionné avec un tissu qui coûte cher à remplacer.

Si vous tenez absolument à intervenir sur une petite tache fraîche, tamponnez délicatement avec un chiffon à peine humidifié à l’eau froide, sans aucun produit. Séchez immédiatement en tamponnant avec un chiffon sec et absorbant.

Précaution essentielle : protégez vos tissus en soie de la lumière directe du soleil. Les rayons UV dégradent les fibres de soie plus vite que n’importe quel autre textile naturel, provoquant une décoloration irréversible en quelques mois seulement.

Le tissu Jacquard : des motifs à préserver

Le Jacquard n’est pas une matière à proprement parler, mais une technique de tissage qui crée des motifs complexes directement dans la structure du tissu. On le retrouve sur des canapés classiques, des fauteuils de style et des rideaux haut de gamme, composé de fils de coton, de laine, de soie ou de fibres synthétiques.

L’entretien du Jacquard dépend donc avant tout de sa composition. Un Jacquard en coton-polyester se nettoiera plus facilement qu’un Jacquard en soie mélangée. Consultez systématiquement l’étiquette.

Dans tous les cas, évitez de frotter énergiquement un tissu Jacquard : les motifs en relief peuvent s’aplatir et perdre leur définition. Privilégiez un dépoussiérage à l’aspirateur en position douce et un nettoyage par tamponnement pour les taches. Pour un nettoyage complet, la mousse sèche pour tissus d’ameublement est le meilleur compromis : elle nettoie sans gorger le tissu d’eau et préserve la texture du tissage.

Le tissu synthétique (polyester, acrylique, polypropylène) : la résilience au quotidien

Les tissus 100 % synthétiques dominent le marché du mobilier d’entrée et de milieu de gamme. Et c’est logique : ils résistent aux taches, ne se décolorent pas facilement, ne rétrécissent pas et sèchent vite. Le polyester, l’acrylique et le polypropylène sont les trois fibres les plus courantes dans l’ameublement contemporain.

L’entretien de ces matières est le moins contraignant de tous. Un aspirateur hebdomadaire et un nettoyage mensuel à l’éponge humide suffisent pour les maintenir en excellent état. Pour les taches, presque toutes les méthodes fonctionnent : eau savonneuse, vinaigre blanc, bicarbonate de soude. Les synthétiques sont remarquablement tolérants.

Le seul point de vigilance concerne la chaleur. Les fibres synthétiques fondent à haute température. Évitez absolument le fer à repasser à température élevée, le séchage proche d’une source de chaleur directe et les nettoyeurs vapeur à pleine puissance sur du polypropylène, dont le point de fusion est relativement bas.

Pour les tissus synthétiques d’extérieur (coussins de jardin, bains de soleil), un lavage au jet d’eau douce suivi d’un séchage à l’air libre constitue le meilleur entretien. Ajoutez quelques gouttes de liquide vaisselle pour les salissures plus tenaces.

La laine : chaleur et fragilité

La laine d’ameublement — plaids, coussins, tapisseries, certains revêtements de fauteuils — apporte une chaleur visuelle et tactile incomparable. Mais cette fibre animale est capricieuse : elle feutre au lavage, rétrécit si la température varie brutalement et attire les mites si elle n’est pas correctement entretenue.

L’entretien courant repose sur un brossage régulier avec une brosse à laine (poils naturels) et un passage d’aspirateur à faible puissance. Aérez vos textiles en laine le plus souvent possible : l’air frais est le meilleur désodorisant naturel pour cette matière.

Pour le nettoyage des taches, agissez rapidement en tamponnant avec un chiffon humidifié à l’eau froide (jamais chaude, qui fait feutrer la laine). Le savon de Marseille en copeaux, dissous dans de l’eau froide, constitue le détachant le plus sûr. Rincez toujours à l’eau froide et séchez à plat, loin de toute source de chaleur.

Prévention anti-mites : les mites adorent la laine, surtout quand elle est stockée dans un endroit sombre et peu ventilé. Disposez des sachets de lavande ou de cèdre à proximité de vos textiles en laine. Aérez et brossez régulièrement : les mites s’installent plus difficilement sur des tissus qui bougent.

Brossage délicat d'un tissu velours sur un fauteuil avec une brosse à poils doux

Les gestes universels pour tous les tissus d’ameublement

Quelle que soit la matière de vos textiles, certaines bonnes pratiques s’appliquent sans exception.

Testez toujours un produit de nettoyage sur une zone cachée avant de l’appliquer sur une partie visible. Même le produit le plus doux peut réagir de manière inattendue avec certaines teintures. Choisissez un endroit discret — le dessous d’un coussin, l’arrière d’un accoudoir — et attendez le séchage complet avant de juger du résultat.

Investissez dans un bon aspirateur avec embout d’ameublement. Le dépoussiérage régulier est la mesure préventive la plus efficace pour tous les tissus, bien devant n’importe quel produit nettoyant. Une ou deux fois par semaine suffisent pour prolonger considérablement la durée de vie de vos textiles.

Retournez et alternez vos coussins chaque semaine pour uniformiser l’usure. Éloignez vos meubles rembourrés des sources de chaleur directe (radiateurs, cheminées) et de la lumière directe du soleil. Traitez vos tissus neufs avec un imperméabilisant textile adapté : cette couche protectrice invisible facilite grandement le nettoyage futur.

Enfin, n’attendez jamais qu’une tache sèche pour intervenir. Plus vous agissez vite, plus les chances de retirer complètement la salissure sont élevées, et ce principe est valable pour toutes les matières sans exception.


Pour un nettoyage en profondeur de votre canapé, notre guide pour nettoyer un canapé en tissu détaille les méthodes au bicarbonate, vinaigre et vapeur.

En résumé, entretenir ses tissus d’ameublement n’est pas compliqué une fois que l’on connaît les spécificités de chaque matière. Le coton et les synthétiques pardonnent beaucoup d’erreurs, le lin et la laine demandent un peu de précaution, tandis que la soie et le velours exigent des gestes mesurés. Dans tous les cas, la prévention — dépoussiérage régulier, protection solaire, traitement imperméabilisant — reste votre meilleur investissement pour des textiles qui gardent leur éclat année après année.